L'iguane

Le plus grand de tous les iguanidés est l'Iguane vert. Le Léza' des créoles guyanais.

Certains vieux mâles adultes qui ayant survécus à de multiples dangers et prédateurs, atteignent la taille plus que respectable de 2 m 50 pour un poids de 8 kg. Ils sont alors âgés d'une dizaine d'années.

Plus souvent les individus rencontrés sont bien plus petits. Le poids moyen est de 4 Kg pour les mâles et de - de 3 kg pour les femelles. Pour des tailles proches du mètre cinquante.

Ce saurien qui a l'aspect d'un lézard pourvu d'une très grande queue, est rencontré en Amériques du sud et centrale ainsi qu'aux Antilles.

Du Mexique au nord de l'Argentine, dans le bassin amazonien et le plateau des Guyanes, il se rencontre jusqu'à 1 000 mètres d'altitude. Il habite les forêts humides, les mangroves ainsi que les zones plus arides des savanes. Et fréquente tout aussi bien les villes.

Dans de bonnes conditions et s'il n'est pas chassé, ses densités peuvent être importantes. Jusqu'à 9 000 individus au km2.

Diurne et arboricole il aime à se dorer les écailles en hauteur sur les branches surplombant les bords de rivières et fleuves. En cas de danger il n'hésite pas à se laisser choir d'une hauteur impressionnante pour plonger dans l'eau.

Il nage d'ailleurs très bien, et sur de longues distances. Comme les Caïmans et crocodiles il replie ses membres le long du corps et c'est sa queue qui en ondulant fait office d'organe de propulsion !

Les jeunes Iguanes sont de coloration vert tendre. En vieillissant ils deviendront de plus en plus foncés voire carrément gris. Il existe un fort polymorphisme chez l'espèce. Une forte variation de la coloration des individus. La couleur de base variant du vert au gris et s'y ajoute des rayures vives sur les épaules, des bandes transversales sur la peau jaune du ventre et sur les flancs avec des anneaux réguliers jaunes et noirs sur la queue. Ces marques varient en nombre et importance chez les individus, les sexes et avec l'âge.

L'adulte a une tête assez forte, comportant de grandes plaques d'écailles. Deux d'entre elles ; les bajoues, sont présentes de chaque cots de la base de la mâchoire inférieure. Leurs diamètre dépasse celui de l'œil et elles sont plus grandes chez les mâles qui les dilatent pour intimider leurs adversaires.

Il ne faut pas les confondre avec les oreilles qui sont situées juste au-dessus et en retrait des yeux. L'aspect extérieur de l'organe auditif est celui d'une petite surface de peau nue. Leur ouïe est faible comparée à celle d'autres vertébrés supérieurs.

L'espèce possède également un fanon gulaire. Une grande tombée de peau flasque sous la gorge qui est extensible. Gonflé en phase d'excitation sexuelle ou d'énervement, il est l'ornement des mâles chez qui il est très développé.

Sur le dos, la nuque et la queue court une crête dorsale épineuse. Ses écailles acérées peuvent mesurer jusqu'à 8 cm chez les vieux mâles. Cette crête dorsale reste moins visible chez les très jeunes individus et les femelles.

Le corps est comme chez tous les reptiles recouvert d'écailles de tailles minuscules et perlées. Elles contrastent avec les grandes écailles de la tête et celles de la crête. Il mue aussi. Il change d'écailles assez régulièrement. Comme certains lézards c'est par lambeaux qu'il renouvelle son écaillure !

La queue est très longue et ressemble à un fouet. Le saurien s'en sert comme d'une arme pour se défendre en cas d'agression et pour la nage. Elle n'est pas préhensile et au contraire d'autres il n'a pas la faculté d'autonomie. La faculté de s'automutiler et de s'en séparer.

S'il en perd un bout, par accident, elle repoussera. Mais ne saura pas aussi belle que l'originale.

Toutes ces caractéristiques anatomiques font de l'Iguane un bien bel animal qui impressionne toujours par sa prestance.

S'il passe une grande partie de sa vie en hauteur, c'est tout de même au sol que l'Iguane vert vient au monde. Plus précisément, c'est dans la terre, bien à l'abri que les œufs sont incubés.

Chez l'espèce, l'accouplement a lieu sur le territoire du mâle de 3 à 7 semaines avant la ponte. La saison des accouplements s'étale de 1 à 3 mois suivant les latitudes où se trouvent les populations. Elle donne lieu à des combats souvent spectaculaires entre mâles rivaux. Toute une chorégraphie faite de déploiement du fanon gulaire, de hochements verticaux et horizontaux de la tête et de frottements de celle-ci contre les branches précède les empoignades. Elle est nécessaire pour stimuler l'intérêt sexuelle des femelles. L'accouplement en lui-même n'est pas des plus tendres, puisque le mâle mord sa compagne au cou pendant l'acte. Un changement de la coloration chez les 2 sexes s'opère également pendant cette période d'activité sexuelle. Des teintes et taches bronze et orange apparaissent. Elles sont plus marquées pour le mâle.

Comme chez les serpents, les Iguanes mâles possèdent 2 pénis. Ils sont appelés des Hémipénis. Un seul de ces organes sexuels est utilisé et introduit dans le cloaque lors de l'accouplement. A chaque acte sexuel, il peut utiliser l'un ou l'autre. Indifféremment.

La ponte est toujours déposée durant la saison la plus sèche de l'année, période pendant laquelle l'ensoleillement est à son maximum, de façon à éviter à coup sûr, une inondation des œufs et donc la perte de la génération.

La maturité sexuelle intervient entre 2 et 3 ans dans le milieu naturel. Une femelle ne pond sa vie durant que de 5 à 8 fois. La ponte compte de 14 à 76 œufs suivant l'âge, les réserves énergétiques et l'état de santé général de cette dernière. Tous les œufs ne sont pondus qu'en une seule fois.

7 à 10 jours avant de pondre tous ses œufs la femelle de l'Iguane vert cesse de s'alimenter. Elle boit par contre de grandes quantités d'eau.

Suivant les zones, le lieu de ponte peut être une plage de bord de mer. Un banc de sable exondé par la baisse des eaux sur un cours d'eau. Une savane herbeuse. Les femelles gravides creusent un long terrier qui comporte une chambre d'incubation. Celle-ci doit être assez grande pour qu'elle puisse y évoluer ! Dans les régions où les sites favorables sont peu nombreux et quand le nombre de femelles est important il arrive de voir plusieurs de ces dames au même endroit. Occupées au même travail. A noter que le mâle surveille et protège sa ou ses compagnes de toutes agressions pendant l'opération. De nombreux prédateurs tels des félins, des serpents et quelques rapaces profitant de l'opportunité pour les attraper !

Après avoir accompli sa tâche, elle refermera le trou tout en laissant une poche d'air à l'intérieur. Et laissera à la nature et au temps le soin de faire leur part. Les œufs qui sont long en moyenne de 4 cm vont incuber pendant environ 10 semaines. La température d'incubation va rester à peu près constante au fond du nid. Elle oscillera de 28 à 32 ° C. Avec l'amplitude thermique journalière.

Les embryons fécondés vont se développer tous en même temps. L'émergence des petits Iguanes se fera en même temps.

Ils pèseront en moyenne 11 g et mesurent 7 cm 5. Comme beaucoup d'autres reptiles, il n'y a ni soins, ni surveillance de la part des parents. C'est totalement autonomes qu'ils affronteront le monde vivant. Peu d'entre eux arriveront quelques années plus tard à pouvoir perpétuer leur lignée.

C'est au début de la saison des pluies que s'effectuent les éclosions. Quand les ressources en nourritures végétales et animales abondent pour les jeunes ! Ils grandiront constamment jusqu'à l'âge de 2 ou 3ans. Il a été calculé que le taux de croissance est d'environ 0,27 mm par jour.

Distinguer un Iguane juvénile d'un adulte tient en 3 critères bien particuliers. Tout d'abord la coloration du sujet qui est toujours plus claire chez les jeunes. Deuxièmement et troisièmement la taille et le développement de la crête dorsale et du fanon gulaire qui sont de bien moindre importance chez les individus immatures.

 

 

 

Prévoteau Jean-Marie